Famine (nom féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XII e siècle. Dérivé du latin fames, « faim ». Disette extrême et générale ; manque des aliments nécessaires au maintien de la vie. Après une longue disette, ce fut la . Les grandes s du Moyen Âge. Certaines régions du globe souffrent de endémique. Expr. Un salaire de , un salaire très bas. Crier , se plaindre de la faim et, par affaibl. et fig., se plaindre d'avoir des ressources insuffisantes. Crier sur un tas de blé, se plaindre comme si l'on manquait de tout, bien qu'on soit dans l'abondance.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Disette générale des aliments nécessaires à la vie. "Cette région eut à souffrir cruellement de la ."
Fig. et fam., "Crier ." Voyez CRIER.
Fam., "Prendre quelqu'un par la ," Lui retrancher le nécessaire pour l'obliger à faire ce qu'on exige de lui.
"Prix de , Salaire de ," Prix insuffisant, salaire qui ne permet pas de gagner sa vie à celui qui le reçoit.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Manque d'aliments, dans une ville, dans une province, etc.
VAUGEL.: « Il y eut disette, après vint la »
SACI: « On venait de toutes les provinces en Égypte pour acheter de quoi vivre, pour trouver quelque soulagement dans la rigueur de cette »
BOILEAU: « On verra par quels soins ta sage prévoyance Au fort de la entretint l'abondance »
VOLT.: « Bientôt le riche même, après de vains efforts, Éprouva la au milieu des trésors »
VOLT.: « La vainquit enfin le courage des Rochelois ; et, après une année entière d'un siége où ils se soutinrent par eux-mêmes, ils furent obligés de se rendre »
    Pacte de , conspiration tramée entre des gens riches et puissants, sous Louis XV, pour opérer des disettes factices.

 2   Il se prend quelquefois pour manque d'aliments, même en parlant d'un seul individu.
BUFF.: « Pressé par la , le loup brave le danger »
    Crier , se plaindre du manque où l'on est.
LA FONT.: « Elle [la cigale] alla crier Chez la fourmi sa voisine »
    Crier sur un tas de blé, se dit des avares qui, tout en regorgeant, se plaignent de leur misère, et de ceux qui se plaignent sans raison.
VOLT.: « Fi, que cela est mal de crier sur un tas de blé ! »
    Il se dit aussi des personnes qui se plaignent de manquer de certaines choses essentielles, tout en regorgeant d'autres.
SÉV.: « Je conclus aujourd'hui toutes mes affaires ; si vous n'aviez du blé, je vous offrirais du mien : j'en ai vingt mille boisseaux à vendre, je crie sur un tas de blé »
    Prendre une place par , se dit d'une place bloquée qui finit par se rendre faute de vivres.
    Fig. Prendre quelqu'un par ou par la , lui retrancher le nécessaire, lui refuser de l'argent pour l'amener à composition.

SYNONYME
    DISETTE, FAMINE. Quand la règne, on meurt de faim ; quand la disette règne, on a de la peine à se procurer les aliments. La disette est moins grave que la : disette, rareté d'aliments ; , absence d'aliments.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 65: Puis il [Joseph] fu en Egipte asez plus qu'enperere, E guardi ses parens de la amere
     Rois, p. 201: Une avint al tens David, et durad treis ans
    XIIIème siècle
     Psautier, f° 126: En Egypte fist Dieux por Pharaon chastier
    XIVème siècle
     Guesclin. 8244: On ne fu pas sachans Que la ville deüst estre prise en deux ans, Se ne fust par ou par engins getans
    XVIème siècle
     Mém. s. du G. ch. 8: Les Anglois incommodoient extremement Paris qui commençoit à crier
MAROT: « Le long jeuner de tel façons les mine, Qu'à la parfin tomboient morts de »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. fameigne ; nivernais, faimène ; picard, fameine ; provenç. famina ; du lat. fictif famina, dérivé de fames, faim.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    FAMINE. Ajoutez :

 3  
     les Primes d'honneur, Paris, 1869, p. 12: Nom, dans la Seine-Inférieure, d'une plante qui envahit les blés d'hiver, surtout dans les années humides (alopecurus agrestis)


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Disette générale dans une ville, dans une province, etc., de pain et des autres choses nécessaires à la nourriture. "Il y eut une grande cette année-là. Par un temps de . La est un des plus grands fléaux qui puissent désoler un pays. La se mit dans la ville. Prendre une ville par ."
Fig. et fam., "Crier ," Se plaindre hautement de la disette où l'on se trouve, ou que l'on craint.
Prov. et fig., "Crier sur un tas de blé," Se plaindre comme si l'on manquait de tout, quoiqu'on soit dans l'abondance.
Fam., "Prendre quelqu'un par ," Lui retrancher le nécessaire pour l'obliger à faire ce qu'on exige de lui.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Disette générale dans une Ville, dans une Province, etc. de pain et des autres choses nécessaires à la nourriture. "Il y eut une grande cette année-là. Par un temps de . La est un des fléaux dont Dieu châtie les hommes. La se mit dans la Ville. Prendre une Ville par ."
On dit, "Crier ," pour dire, Se plaindre hautement de la disette qu'on éprouve ou que l'on craint. Et l'on dit proverbialement et figurém. "Crier sur un tas de blé," pour dire, Se plaindre comme si l'on manquoit de tout, quoiqu'on soit dans l'abondance.
On dit aussi, "Prendre quelqu'un par famine," pour dire, Lui retrancher le nécessaire pour l'obliger à faire ce qu'on exige de lui. FAN



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Disette publique de pain & des autres choses nécessaires à la nourriture. "Il y eut une grande cette année-là. Par un temps de . La est un des fléaux dont Dieu châtie les hommes. La se mit dans la Ville. Prendre une Ville par ."
On dit proverbialement & figurément, "Crier sur un tas de blé," pour dire, Se plaindre comme si l'on manquoit de tout, quoiqu'on soit dans l'abondance.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

Disette publique et extrême. '"La " se mit dans la Province. Prendre une Ville "par ".
- "Crier ", crier la faim. Voy. BLÉ.
   Elle ala "crier "
   Chez la Fourmi sa voisine.
       "La Font."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Disette publique, de pain & des autres choses necessaires à la nourriture. "Il y eut une grande cette année-là. par un temps de . la est un des fleaux dont Dieu chastie les hommes. la se mit dans la ville. prendre une ville par ".
On dit prov. & fig. "Crier sur un tas de bled," pour dire, Se plaindre comme si on manquoit de tout, quoy qu'on soit dans l'abondance.




Emplacement dans le dictionnaire :

familiale
familiariser
familiarité
familier
familièrement
familistère
famille
famille royale
famillisme

fan
fanage
fanal
fanatique
fanatisé
fanatiser
fanatisme
fanchon
fanchonnette
fandango
fandrosse




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...nerveux se nourrit aux dépens des autres organes, et le même phénomène se produit si l'activité cérébrale prend un développement trop considérable. Il en est de même dans la société. En temps de famine ou de crise économique, les fonctions vitales sont obligées, pour se maintenir, de prendre leurs subsistances aux fonctions moins essentielles. Les industries de luxe périclitent, et les portions de...


Citation n°2 de Maurice BARRÈS (Le Voyage de Sparte)

...étage, en pierre grossière, avec un balcon de planches pourries sur lequel ouvrent leurs portes, sont pareilles à des bouches avides tournées vers le pèlerin qui grimpe péniblement. Elles crient famine et ne peuvent offrir qu'un chétif lit de camp, autour duquel rôdent la fièvre et la vermine. Peut-être, de cette dure misère naît-il une sorte de perfection. Tout ce qui doit pourrir est tombé ; ce...


Citation n°3 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...peu de céréales qui n'y trouvent place, et avec elles nombre d'arbres fruitiers et de légumineuses. Cette heureuse variété, par les compensations qu'elle offre et les garanties contre ce danger de famine qui fut le cauchemar des anciennes sociétés humaines, est assurément une des circonstances les plus propices qu'ait pu rencontrer leur développement. Aucune de ces causes ne peut être négligée ;...


Citation n°4 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...le nord, s'agglomère en villages, se dissémine ici en innombrables hameaux ; image d'épanouissement et de confiance, parfois mal placée, car l'irrégularité des saisons suspend toujours la menace de famine. Mais dans la région où se confondent les alluvions des deux grands fleuves, la lutte contre la nature soulève plus de difficultés. Ce n'était jadis qu'un dédale de marais et de lagunes, entre...


Citation n°5 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...parfois un accroissement notable ; mais il faut, pour en bien juger, prendre du recul. C'est l'éternelle histoire des vaches grasses. Vienne ensuite la période contraire : un cortège de fléaux, famine, épidémies, défiant l'effort même de l'administration britannique, ne tarde pas, comme en vertu d'une périodicité, à s'abattre ; et du coup disparaissent tous les êtres faibles que la misère, le...


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